Les entreprises qui recrutent
Publié le 22 oct. 2021

Jean-Marc Neveu : "Je suis un ingénieur repenti"

Cofondateur associé de Plaxtil, une toute jeune entreprise circulaire, écologique et solidaire, Jean-Marc Neveu nous parle de son parcours, de ses convictions et de sa vision industrielle.

Commençons par les présentations, en quelques mots …

J’ai 53 ans, une fille et trois petits-enfants. Je suis le co-fondateur de Plaxtil avec Olivier Civil. Je dirige également un groupe de plasturgie, CDA. Mon parcours entrepreneurial remonte à 7 ans. C’est l’aboutissement d’un parcours technique, managérial et commercial. C’est mon métier et ma passion !!!

Quel est votre parcours professionnel avant l’entreprenariat ?

J’ai fait des études d’ingénieur aux Arts et Métiers, à Bordeaux. Etant assez parisien, de culture scientifique, mes études m’ont permis de découvrir la transformation des matériaux, d’accéder à un atelier, aux machines pour produire des objets ensemble avec mes camarades de promotion, dont mon associé d’aujourd’hui. Conception et transformation des matières ont été des vraies révélations pour moi.

En 1993 à la sortie de l’école, j’ai eu l’opportunité de commencer à travailler pour l’un des premiers laboratoires de biomécanique en France. J’ai donc intégré SME à Montpellier, une toute jeune entreprise du groupe Dedienne, dont le projet était de développer des prothèses médicales intégrant plusieurs matériaux dont des plastiques. J’étais le premier ingénieur embauché et nous étions 9 salariés. Nous avons obtenu notre première homologation pour une prothèse de hanche, qui était à l’époque délivrée par le ministère de la santé. Les choses ont rapidement bien fonctionné et nous avons été amenés à développer un anneau cardiaque en plastique en coopération avec des chirurgiens. La croissance de l’entreprise s’est accélérée et en 1999, nous étions 50 et produisions des prothèses vasculaires, cardiaques et orthopédiques. C’est une expérience qui m’a passionné, nous travaillions avec tous les types de matériaux.

J’ai ensuite dirigé l’une des Business unit du groupe Dedienne qui comprenait trois pôles (aéronautique, médical et plasturgie). J’ai intégré notre filiale parisienne sur une fonction de direction et de management (technique, administratif, commercial). L’activité était très diversifiée (aéronautique, militaire, etc.) et nous avions le vent en poupe. J’ai ainsi été formé aux dimensions commerciales, marketing et ventes. Ce fût ma deuxième découverte professionnelle : l’encadrement d’équipe commerciale. Après cela, j’ai toujours allié fonction commerciale et technique. J’ai d’ailleurs toujours gardé en tête ce que disait notre Président Jean-Claude Volot « S’il ne vous reste qu’un euro à investir, investissez-le dans la formation de vos équipes ». Je suis en effet convaincu que nous avons en France un déficit d’investissement dans la formation tout au long de la vie.

Du plus modeste au plus élevé, il faut que chacun voie et sente son activité s’orienter vers le bien commun.

Je suis ensuite parti au sein d’une entreprise filiale d’un groupe spécialisé dans l’aluminium (Norsk Hydro) avec de très forts enjeux (500 millions de chiffre d’affaires). Puis j’ai intégré un groupe aéronautique à Châtellerault qui développe des moyens d’essais pour Boeing et Airbus et où j’ai voyagé partout dans le monde pour négocier des contrats.

Comment a commencé l’aventure CDA ?

 A 45 ans, je me suis interrogé sur ce que j’avais envie d’en faire. J’avais la possibilité de trouver un poste de DG très bien payé dans une grande ville ou de créer/ reprendre une entreprise. J’ai fait un vrai choix. J’avais des incertitudes en me lançant dans l’entreprenariat. Tous les jours, je me félicite de cette décision d’avoir repris cette entreprise de 10 salariés dont le dirigeant partait à la retraite.

Pourquoi êtes-vous heureux de ce choix ?

 J’avais fait un travail pour mieux connaître mes moteurs : l’industrie et le goût du collectif. Et puis, j’aime beaucoup l’esprit PME/ PMI où l’on trouve beaucoup d’envie, de dynamisme et la satisfaction de mener un projet à son terme, en équipe.

Comment se porte CDA aujourd’hui ?

Très bien. CDA s’est développé et va fêter ses 30 ans. L’alliance des savoir-faire d’un injecteur et d’un bureau d’études nous permet d’apporter une vraie valeur ajoutée à nos clients pour dépasser la position de sous-traitants. Nous travaillons de concert avec des grandes entreprises comme Safran, Airbus ou Hutchinson pour développer des systèmes complets.

Comment le projet autour de Plaxtil s’est-il développé ?

En 2017, nous avions fait l’expérience d’utiliser de la matière textile pour l’intégrer à des matrices polymères. Avec l’Ademe et un laboratoire des Arts et Métiers, nous nous sommes interrogés sur ce que nous pourrions faire de cela. Chaque année dans le monde, on produit 100 millions de tonnes de textile qui finiront en déchets ultimes. Or il s’avère qu’il s’agit majoritairement de plastique. C’est une véritable catastrophe écologique. Avec Olivier, nous avons décidé de créer Plaxtil pour apporter une solution à ce problème. Reconnus par l’éco-organisme Refashion, nous sommes entrés en contact avec Kiabi au début 2020. Nous avons su développer des cintres avec leurs déchets textiles et répondre à leurs attentes. En juin 2020, suite à la première vague de Covid, nous avons décidé de lancer la première solution circulaire de recyclage des masques. Et les choses se sont emballées. Ça a été un raz de marée médiatique…

En quoi l’aventure Plaxtil a-t-elle fait évoluer votre vision de votre métier ?

C’est ma troisième révolution : je suis devenu un ingénieur repenti. On m’a appris à concevoir des objets de plus en plus perfectionnés mais on ne m’a jamais appris à savoir ce que devenaient ces solutions devenues obsolètes. Le masque jetable en est une belle illustration. Cela répond à un besoin immédiat, mais personne ne se pose de question sur l’impact de cette solution sur le long terme. Comme pour les éoliennes, ou le nucléaire, on se dit : la solution on la trouvera plus tard.

Lorsque l’on s’intéresse aux matières premières, cela a un impact sur les ressources et sur les conséquences de l’utilisation. Nous devons prendre en compte ces risques systémiques. C’est ça la vraie disruption, c’est ça que l’on fait avec Plaxtil. On met le déchet ultime dans des boucles sans consommer de nouvelles ressources. L’impact sur l’environnement est faible. C’est une boucle fermée dans laquelle on piège le plastique. Le déchet devient une matière recyclable qui remplace le plastique vierge ! Nous avons aussi créé une entreprise d’insertion Essaimons pour former sur les métiers de la plasturgie. Nos trois valeurs, circulaire, écologique et solidaire sont les trois axes permanents de notre développement.

Quelle est votre vision des enjeux de transformation de notre filière ?

Au-delà de la filière, c’est un peu notre mode de vie qui est remis en question. Comme la Fast Fashion, par exemple. La surconsommation d’objets est responsable pour moitié du réchauffement climatique. Or les industriels sont au carrefour d’injonctions paradoxales avec la mondialisation, la compétition accrue, la nécessité d’être rentable dans un modèle vertueux alors que d’autres ne respectent pas les mêmes critères sociaux et environnementaux. Je salue d’ailleurs l’initiative de Polyvia d’écrire un livre blanc sur le sujet. Je crois que nous serons soutenus, si on répond aux problèmes, si l’on prend notre part.

Alors, fier d’être plasturgiste ?

Oui ! Je suis fier d’être plasturgiste et d’être un industriel français. Le modèle de l’économie circulaire est attaché au territoire. Et c’est un territoire qui propose des solutions. Avec Plaxtil, nous avons été les premiers dans le monde à recycler les masques jetables. Et cette réussite c’est parce que dans mon parcours, il y a eu le groupe Dedienne, les Arts et Métiers, le travail de la matière … Pour nous, un masque usagé, c’est de la matière et on en fait quelque chose. C’est la capacité de faire ensemble, avec la Profession, nos partenaires et notre écosystème dont nous sommes fiers. Quand j’ai racheté mon entreprise, j’ai dit aux salariés : nous allons faire de belles choses ensemble avec le goût du travail bien fait. Il n’y a pas ce qui savent et ceux qui ne savent pas, c’est une aventure collective, en citant Jean Mersch fondateur du CJD (centre des jeunes dirigeants)

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